Vers un label cosmétique

1- Philosophie

Parce que nous sommes convaincus que la qualité des cosmétiques est grandement dépendante du soin apporté à la nature qui produit les ingrédients qui les composent, et aux hommes qui les façonnent;

Parce que nous ne pouvons continuer à exploiter la terre, et les hommes qui l'habitent, en acheminant sans réfléchir par des moyens polluants des ingrédients venus de contrées lointaines;

Parce que nous respectons le consommateur comme un être cher, et que nous tenons à lui offrir l'information et le bienfait auquel il a droit;

Parce que notre monde est limité, et que les résidus de nos activités quotidiennes finissent tôt ou tard par empoisonner cette nature qui nous fournit les meilleurs ingrédients;

Parce que nous sommes citoyens de ce monde, fondateurs d'entreprises responsables;

Nous adhérons à la Charte Cosméthique.


2- Objectifs

La Charte Cosméthique a été créée à l'initiative d'acteurs du monde cosmétique, formulateurs, fabricants ou distributeurs, afin de dépasser les labels "bio".

Ces derniers ont eu l'immense mérite d'attirer l'attention des consommateurs vers les nombreux avantages des cosmétiques "bio", créant par là un immense moyen de pression sur l'industrie qui se lance de plus en plus dans les soins naturels.

Mais ils sont trop limités, et cantonnent le consommateur à une attitude trop égoïste : j'achète bio parce que j'ai peur du cancer. Et dissimulent les vérités les plus fondamentales : le cancer qui ronge notre monde sera bien plus grave, plus virulent et plus étendu que celui que nous risquerions peut-être en utilisant des soins issus de la pétrochimie, si nous continuons à ne voir que notre seul pot de crème et notre seul visage.

Analysons un instant la situation :
1- les labels "bio" n'imposent qu'une maigre partie "bio" dans les cosmétiques : moins de 10% !
2- un ingrédient "bio" doit avoir été cultivé, et façonné dans certaines conditions, le mettant à l'abri de contamination par les pesticides ou autres produits de synthèse.
3- mais un ingrédient "bio" n'exige pas que son producteur ait été justement rémunéré pour son travail.
4- il n'exige pas que cet ingrédient ait été extrait, purifié, stocké, acheminé dans des conditions éco-respectueuses.
5- un cosmétique "bio" ne doit pas être emballé dans un contenant non polluant, que ce soit lors de sa fabrication ou de son élimination.
6- il n'impose pas le choix d'un transport moins polluant.
7- là où des marchands de produits lessiviels ont bien compris qu'un produit plus concentré génère moins de déchets, le label "bio" garde le silence.
8- le "bio" ne fait pas du consommateur un partenaire, il ne le conseille pas dans ses choix, ne l'informe pas.

Certains acteurs du bio ont pourtant voulu aller plus loin, et se sont déjà engagés dans cette voie : ils dépassent, par leur gestes quotidiens et leurs manière de concevoir leur activité, les exigences des labels bio.

La Charte Cosméthique a été construite pour mettre ces entreprises, ces marques et ces hommes en évidence.


3- Engagements

La Charte décrit une série de conditions liées aux ingrédients eux-mêmes, comme la plupart des labels "bio". Elle impose le choix de certains modes de culture des ingrédients végétaux, et proscrit l'usage de certains ingrédients de synthèse.

Elle fixe des lignes directrices et attire l'attention sur les nécessaires engagements environnementaux de l'entreprise.

Elle impose le respect d'une certaine équité dans les relations humaines et commerciales, tout au long de la chaîne producteur – façonnier – consommateur.

Enfin, elle conditionne l'obtention du label au respect de certaines obligations en matière d'information.


4- Cahier des charges

A- conditions liées aux ingrédients

1.    les cosmétiques ne contiendront aucune matière d'origine animale, si ce ne sont les produits fabriqués par l'abeille ou issus du lait; par respect pour les consommateurs opposés à l'emploi de ces dernières substances, pour des raisons généralement éthiques, une indication claire devra être apposée sur les emballages.

2.    les matières premières végétales seront non-OGM, de préférence issues de végétaux sauvages, ou cultivés biologiquement, ou encore accompagnées d'un certificat garantissant l'absence de pesticides; un certificat non-OGM est requis, la cueillette de végétaux sauvages devra être strictement encadrée afin de garantir l'équilibre de l'écosystème, la certification bio ne sera prise en considération que s'il s'agit de matières végétales pures, naturelles et non coupées avec des produits ne bénéficiant pas d'une labellisation au moins aussi stricte, la garantie sur la concentration nulle en pesticide ne sera accordée que sur foi d'analyses précisant clairement leurs limites de sensibilité.

3.    les matières premières seront libres de métaux lourds; la garantie sur la concentration en métaux lourds ne sera accordée que sur foi d'analyses précisant clairement leurs limites de sensibilité.

4.    les matières premières utilisées d'origine marine devront faire l'objet d'un examen par l'organisme de contrôle afin de garantir qu'ils ne mettent pas en péril des écosystèmes fragiles.

5.    les matières premières d'origine minérale sont autorisées nonobstant certaines limitations de la présente charte.

6.    les matières premières naturelles, obtenus par cultures cellulaires de procaryotes, sont autorisées; les cultures cellulaires de cellules eucaryotes animales sont interdites, les cultures cellulaires de cellules eucaryotes végétales seront examinées par l'organisme de contrôle.

7.    les matières premières d'origine naturelle décrites ci-dessus, et transformées, ne sont autorisée que sous réserve d'examen par l'organisme de contrôle quant à leur méthode de transformation; une attention toute particulière sera portée à l'impact environnemental – utilisation d'énergie, rejet de polluants – lors de cette transformation, et au respect du caractère naturel des matières premières transformées.

8.    sous réserve d'examen par l'organisme de contrôle, les matières premières synthétiques sont interdites; elles ne pourront être utilisées que si le producteur démontre à la fois son intérêt et son difficile remplacement, son innocuité, sa synthèse éco-respectueuse et sa biodégradabilité appréciable.

9.    les substances odorantes, même d'origine strictement naturelles, feront l'objet d'un examen par le comité de contrôle; celui-ci statuera sur leur innocuité selon les connaissances scientifiques (IFRA, RFIM, …) actuelles.

10.    tous les ingrédients composant les cosmétiques seront clairement identifiés; la dénomination exacte des plantes et la certification des chémotypes des huiles essentielles, la teneur en molécules bio-actives, le lieu de culture et de cueillette des végétaux, le lieu de prélèvement des sels minéraux, leur méthode de préparation et de purification, leur date d'exploitation et leur milieu de stockage, leur pureté physico-chimique, … autant d'aspects qu'il convient de soigneusement examiner et vérifier de façon opportune en regard des ingrédients utilisés.

11.    tous les ingrédients composant les cosmétiques seront accompagnés d'un dossier précisant les informations requises par la directive 76/768/CEE et ses annexes; ce qui signifie les points minima suivants : material safety data sheet (MSDS) pour chaque ingrédient - product data sheet (PDS) pour chaque ingrédient, avec n° CAS, n° EINECS, spécifications et pureté microbiologique pour les ingrédients contenant de l'eau - INCI data sheet pour chaque ingrédient, avec % INCI et présence de conservateurs, anti oxydants, autres - information toxicologique - déclaration au sujet des expérimentations animales pour chaque ingrédient - déclaration au sujet de l'absence de substances CMR pour chaque ingrédient - déclaration BSE pour chaque ingrédient - déclaration "26 allergènes"- situation IFRA.

12.    toutes les matières premières seront conservées dans des contenants adéquats, garantissant leur bonne conservation et leur non-contamination par les matériaux du contenant.


B- engagement environnementaux

1.    le producteur sera à même de démontrer que la cueillette des végétaux respecte les écosystèmes.

2.    la transformation des matières premières naturelles sera éco-respectueuse, et justifiée en regard de l'intérêt bio-actif des substances extraites; l'organisme de contrôle pourra refuser la labellisation de cosmétiques utilisant des matières premières dont la transformation n'amène pas d'intérêt cosmétique significatif – par exemple la décoloration des huiles végétales, ou dont le processus est trop énergivore – par exemple la distillation des hydrolats sans récolte significative d'huile essentielle valorisée.

3.    le transport des matières premières, des conditionnements, et des produits finis se fera par des moyens éco-respectueux; l'utilisation de mécanismes de compensation du CO2 sera encouragé par l'organisme de contrôle, sans que celui-ci ne puisse remplacer une bonne gestion des émissions polluantes à la source.

4.    les contenants des matières premières et des produits finis, leurs support d'information et leurs encres seront choisis dans une optique éco-respectueuse.

5.    l'énergie nécessaire au bon fonctionnement de l'entreprise cosmétique – éclairage, chauffage, machines, … fera l'objet d'une attention particulière; l'utilisation de mécanismes de compensation du CO2 sera encouragé par l'organisme de contrôle, sans que celui-ci ne puisse remplacer une bonne gestion des émissions polluantes à la source, passant par exemple par l'utilisation de lampes économiques, par l'isolation renforcée des locaux, par le recours à l'énergie solaire ou à des technologies peu énergivores, …

6.    le déplacement du personnel lié à l'entreprise se fera de manière éco-respecteuse; l'organisme de contrôle prendra en compte l'implantation rationnelle de l'entreprise, le choix de véhicules adaptés, la limitation des trajets; l'utilisation de mécanismes de compensation du CO2 sera encouragé par l'organisme de contrôle, sans que celui-ci ne puisse remplacer une bonne gestion des émissions polluantes à la source.

7.    l'entreprise adoptera une politique de communication et d'information comprenant l'incitation aux gestes éco-respectueux.


C- équité dans les relations humaines

1.    l'engagement social de l'entreprise passe d'abord par le respect de la société, et donc des lois et règlements en vigueur; les cosmétiques seront donc formulés, fabriqués et distribués dans le strict respect des obligations légales. L'organisme de contrôle vérifiera ainsi un large éventail de points, allant du respect des obligations cosmétiques (tenue d'un dossier de qualité, déclaration aux autorités sanitaires, étiquetage légal, …) aux pratiques commerciales (publicité non mensongère, allégations vérifiables, …).

2.    l'entreprise s'engagera dans une démarche visant à respecter les êtres qui partagent la planète avec les hommes : elle obtiendra donc un label garantissant que ni le produit fini, ni les ingrédients qui le composent, n'ont été testés sur animaux, ni par le laboratoire, ni à sa demande, ni par autrui. Sous réserve d'examen par l'organisme de contrôle, la charte du Standard International sans Cruauté de l'ECEAE (European Coalition to End Animal Experiments - coalition européenne pour la fin des expérimentations animales) est actuellement la seule à même d'apporter cette garantie.

3.    l'entreprise encouragera par ses choix le commerce équitable, les relations avec ses fabricants-fournisseurs seront aussi directes que possibles.

4.    l'entreprise fondera son activité sur un engagement social, et tout spécialement envers ses travailleurs.

5.    la structure commerciale sera correcte et équitable, et reflètera le savoir-faire et la composition intrinsèque des produits; l'organisme de contrôle pourra refuser la labellisation de cosmétiques dont le prix est essentiellement justifié par le besoin d'une mercatique omniprésente, onéreuse ou peu respectueuse de la personne humaine dans son individualité – les diktats anti-âge, minceur ou santé étant une agression particulièrement pernicieuse à cet égard.

6.    l'entreprise entretiendra avec ses distributeurs et revendeurs des relations de franche collaboration, garantissant à tous des conditions commerciales honnêtes en regard de leur prestation.


D- obligations en matière d'information.

1.    l'information donnée aux consommateurs sera abondante, accessible et scientifiquement exacte; l'organisme de contrôle pourra refuser la labellisation de cosmétiques dont l'information, par son contenu ou sa présentation, tend à faire penser au consommateur que certains dangers sont cachés dans les cosmétiques de marques concurrentes.

2.    l'étiquetage sera précis, exact et suffisamment informatif; l'organisme de contrôle encouragera des mentions supplétives aux indications légales, par exemple en ce qui concerne la liste des ingrédients.

3.    les revendications d'activités seront prouvées, par des tests sérieux ou une expérience indiscutable; l'organisme de contrôle pourra refuser la labellisation de cosmétiques dont les allégations reposent sur des néo-théories peu convaincantes en regard des connaissances scientifiques actuelles.

4.    le consommateur pourra interroger l'entreprise librement, et recevoir réponse circonstanciée rapidement; la réponse sera produite par un spécialiste à même de donner l'information juste, précise et adéquate; sous réserve d'un juste équilibre entre conservation d'un savoir-faire au sein de l'entreprise, et droits du consommateur à l'information, l'entreprise ne pourra se réfugier derrière le "secret de fabrication" pour opposer un refus de réponse.

5.    les cosmétiques porteront une cotation de qualité selon le "système 1.10.100" mis au point par la présente Charte Cosméthique; l'organisme de contrôle aura droit de regard sur le calcul de ces cotations.



Le système 1.10.100


Cadre

Considérant que nous tous, consommateurs désireux de consommer meilleur pour nous et notre planète, sommes en droit de savoir ce que contiennent nos cosmétiques;

Voyant que les obligations légales d'étiquetage – liste d'ingrédients selon leur dénomination INCI/CTFA – ne permettent pas de connaître la concentration des actifs rassemblés dans un cosmétique;

Sachant d'autre part que tous les actifs n'ont pas la même bio-activité pour une même concentration – les huiles essentielles sont des produits intensément actifs, les huiles végétales le sont moins;

Et désirant un système clair, pratique, global;

Nous avons construit ce système de cotation.


Principe de fonctionnement

C'est extrêmement simple :

1- les diverses catégories d'ingrédients bio-actifs (huiles végétales, hydrolats, huiles essentielles, vitamines, extraits végétaux, …) sont classés en trois catégories :

A- la catégorie 1 : elle contient les actifs dont la concentration doit atteindre un ordre de grandeur de 10% dans les cosmétiques pour pouvoir raisonnablement prétendre à une activité; ce sont les huiles et les beurres végétaux, principalement mais l'organisme de contrôle peut refuser, lors de l'examen d'un cosmétique, l'introduction d'une huile végétale particulière s'il juge que ses qualité de raffinage sont telles qu'elle a été vidée de la majeure partie de ses propriété, ou s'il juge que sa fonction au sein du cosmétique n'est pas bio-active.

B- la catégorie 2 : elle contient les actifs dont la concentration doit atteindre un ordre de grandeur de 1% dans les cosmétiques pour pouvoir raisonnablement prétendre à une activité; ce sont les huiles essentielles, les vitamines, certains extraits végétaux particuliers (les extraits concentrés, certains polysaccharides, les amidons …); l'organisme de contrôle examine la littérature scientifique récente avant de prendre position sur la réelle bio-activité des actifs de cette catégorie.

C- la catégorie 3 : elle contient les actifs dont la concentration doit atteindre un ordre de grandeur de 0.1% dans les cosmétiques pour pouvoir raisonnablement prétendre à une activité; ce sont les polysaccharides fortement bio-actifs (bio-saccharides, bisabolol, …); l'organisme de contrôle examine la littérature scientifique récente avant de prendre position sur la réelle bio-activité des actifs de cette catégorie.


2- chaque catégorie se voit attribuer un indice : catégorie 1, indice 1; catégorie 2, indice 10; catégorie 3, indice 100.


3- la concentration de chaque ingrédient bio-actif du cosmétique, en %, est multipliée par l'indice qui lui correspond; pour l'établissement des concentrations, l'organisme de contrôle prend en considération la part active de chaque ingrédient – ainsi, si un extrait de plante est présent à 5% dans le cosmétique et contient lui-même 3% de molécules bio-actives, la concentration réelle sera de 3% de 5%, soit 0.15%


4- la somme des résultats des multiplications obtenus donne la cote du cosmétique selon le système 1.10.100.


Avantages et exemples

L'avantage principal réside dans l'étude de la concentration des actifs, et non plus de leur seule énumération.

Comme nous savons tous qu'une confiture avec 60% de fruits sera probablement meilleure qu'une confiture contenant seulement 35% de fruits, il nous apparaît clair qu'un cosmétique riche de 30% d'huiles végétales sera plus actif que celui qui n'en contient que 3%.

Mais en pratique, il nous est à la fois extrêmement difficile de connaître la concentration des actifs d'un cosmétique, et de pouvoir jauger l'activité globale d'un mélange complexe … bien malin qui pourrait dire, au premier coup d'œil si le cosmétique A contenant 20% d'huile végétale est meilleur ou moins bon que le cosmétique B contenant 10% d'huile végétale et 1% d'huile essentielle.

D'où tout l'intérêt du système 1.10.100 : le comité de contrôle examine quels sont les ingrédients bio-actifs réels, dans l'application proposée pour un cosmétique particulier. Ainsi, tel ingrédient bio-actif prouvé comme régulateur anti-pelliculaire ne sera pas retenu comme bio-actif si le cosmétique est un baume pour les lèvres.

Et d'un coup d'œil, nous savons, en tant que consommateur, en lisant une seule cote, apprécier l'activité globale du cosmétique.


En résumé :

Quand le logo Cosméthique est présent sur un soin, vous avez donc la garantie que :
- le cosmétique a été fabriqué avec des ingrédients respectueux de la nature en général et de votre bien-être en particulier;
- que l'entreprise qui le produit s'engage dans la protection de la nature et le respect du consommateur;
- que tous les acteurs de la chaîne, du cultivateur au revendeur, du fabricant au consommateur, ont été traités en tant que frères humains;
- que nulle part ce soin n'a engendré de souffrance animale.

De plus, vous apercevez sur l'étiquette une cotation du système 1.10.100 qui vous permet, en un clin d'œil, d'avoir une information sur l'efficacité globale du soin, et de comparer des soins entre eux.

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